Les larmes de saint Laurent

Je n’ai pas été attentif, cette année. Je n’ai pas pu m’attarder aux larmes de saint Laurent… J’étais peut-être trop occupé à être en vacances. Ou encore, la pluie abondante de cet été les a submergées et elles ont alors passé inaperçues. Pourtant, ces larmes ne laissent pas grand-monde indifférent!

Je parle bien sûr des Perséides, auxquelles on a attribué ce joli nom poétique parce que cette pluie d’étoiles filantes annuelles apparaît fidèlement aux alentours du 10 août, fête de ce saint associé au fleuve qui traverse nos terres. Mais je n’y ai pas été attentif, cette année. Dommage. Je regrette un peu.

Je me souviens en particulier d’une nuit, passée sur un balcon, emmitouflé dans des draps chauds, à admirer le passage de ces fées flamboyantes. J’étais avec un ami. Des oh! et des ah! ont immanquablement surgi de nos bouches, devant ce spectacle parfois à couper le souffle, quand nous avions les yeux dirigés au bon endroit, bien entendu. Elles filent à toute allure, ces étoiles filantes! Mais il ne s’agit pas toujours de passages fulgurants : elles ne laissent qu’une petite trace seulement, parfois. Mais de temps en temps, de véritables bolides enflamment le ciel. À la surprise générale.

Ce qu’il y a de bien dans cette course folle, c’est qu’elle se déroule en tout silence. Ces étoiles qui tombent suscitent de grandes émotions, certes, mais de par leur discrète pétarade, elles font davantage appel à l’intériorité qu’à la faconde. À leur vue, une petite larme naît au bord de l’œil, en douce. L’émotion prend ses racines loin en nous, émerveillée de tant de beauté gratuite.

On sait aujourd’hui que MM. Swift et Tuttle ont quelque chose à voir avec cette pluie. C’est eux qui ont découvert que ces larmes de saint Laurent provenaient de l’entrée dans l’atmosphère des légers débris d’une comète périodique à laquelle ils ont donné leur nom. Alors que ce soit les larmes de saint Laurent ou les débris de MM. Swift et Tuttle, peu importe. Ce qui importe, surtout en cette Année mondiale de l’astronomie, c’est que cette manifestation céleste élève encore l’âme et suscite tout autant la curiosité et le goût de percer les mystères de l’univers. Voilà ce que je regrette un peu d’avoir manqué, cette année. Mais bon, je ne suis pas en larmes pour autant.

Ghislain B.

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Nouveau numéro (vol. 8 no 3) : Planètes

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Célestes pyrolinguistes,

En cette Année mondiale de l’astronomie, quoi de mieux que de lever nos yeux interrogateurs vers le ciel, que de secouer notre tête pleine de questions irrésolues, que d’ouvrir la bouche d’admiration devant ce mystère incessant qui plane au-dessus et que de sauter de joie sur ce roc bleu et blanc qui nous projette à toute vitesse dans l’univers…

En moins de 2 500 ans d’astronomie, nous sommes passés d’un univers fini dont la Terre était le centre à un univers aux dimensions infinies dont notre planète n’est qu’une infime parcelle en périphérie d’une galaxie parmi des milliards d’autres. Du centre de l’attention à l’humilité de la marge. De l’humain qui est la raison d’être de la Création à l’humain qui peut être perçu comme un accident de parcours tout récent dans l’immense histoire du cosmos. Il y a de quoi bouleverser nos visions du monde et de nous-mêmes! Sommes-nous les seuls? La vie est-elle possible ailleurs? Notre univers est-il le seul? Vivons-nous dans un multivers? Quelle est l’origine de notre univers? On sait que la théorie du Big bang, longtemps admise, est loin de faire l’unanimité à l’heure actuelle. On la met en doute. Encore plus de questions irrésolues…

Ce numéro de Langues de feu ne vise pas à répondre à ces questions. Il veut seulement souligner à sa façon la beauté des découvertes associées à l’astronomie et l’émerveillement que suscite le mystère de notre présence ici. L’angoisse aussi parfois! Mais les étoiles nous permettent encore de rêver et d’imaginer plein de possibilités devant tout ce qui reste à découvrir. Elles nous redisent la rareté et la fragilité de l’existence, de la vie, de notre planète toute verte. Bref, prenons soin de nous. C’est là véritablement l’essentiel.

Ghislain B.

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Un éveilleur de conscience : Thomas Berry (1914-2009)

« L’univers est une communion de sujets,
non une collection d’objets. »
Thomas Berry

Auteur, prêtre, « écothéologien », historien de la culture et cosmologiste américain. Grand promoteur de l’écopiritualité et de l’écologie profonde qui a eu une influence marquée dans le monde. Sa pensée est dans la même lignée que celle de Teilhard de Chardin. Parmi ses livres les plus marquants, on trouve The Dream of the Earth (1988), The Universe StoryA Celebration of the Unfolding of the Cosmos (avec le physicien Brian Swimm, 1992) et The Great Work (1999).

Il est décédé le 1er juin 2009.

www.thomasberry.org

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Les pèlerins accompagnés

Louise est une artiste peintre de renom. Elle crée des œuvres de toute beauté et d’une grande sensibilité. Je vous invite à entrer dans l’univers d’un de ses tableaux. Les personnages auxquels elle donne vie nous invitent à nous mettre en marche à notre tour et à nous laisser transformer par eux. Les pèlerins ne sont pas seuls, ils voyagent à plusieurs. Comme ces artistes qui se lient d’amitié et se donnent des lieux communs d’échange et de création pour mieux entrer dans leur propre démarche. Ensemble, ils voient plus loin, plus large, plus profond…

Pèlerins accompagnés
Louise Lefebvre
Technique mixte, 2007
40 po x 40 po


Ces trois pèlerins marchent côte à côte : ils s’accompagnent les uns les autres sur la route. Mais aussi, par le mouvement partagé, chacun met en œuvre son propre accompagnement intérieur. Se mettre en marche, c’est s’ouvrir à soi-même, à l’unicité de son chemin, et aussi choisir de l’emprunter. De plus, le mouvement vers l’avant permet aux marcheurs et marcheuses de méditer, de réfléchir, de mettre leur intuition « en marche », et de se tenir droit devant ce qui se présente à eux, tout en restant en mouvement. Les pèlerins, tout entier à ce qu’ils sont, seuls et ensemble à la fois, marchent avec confiance dans la vie.

Louise Lefebvre

Cette œuvre a été publiée dans la revue Langues de feu,
volume 8 no 2, en page couverture.

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Une éveilleuse de conscience : Julia Cameron (1948-

Auteur, artiste, poète, enseignante, dramaturge, romancière, réalisatrice et journaliste américaine. Elle est particulièrement connue pour son livre Libérez votre créativité (The Artist’s Way, 1992) qui présente une démarche originale de reconquête de sa créativité en lien avec une spiritualité de la création.

Elle a aussi écrit La Veine d’or (The Vein of Gold, 1997) et The Creative Life : True Tale of Inspiration (2010).
www.theartistsway.com/julia-cameron

On peut lire un extrait de son livre La Veine d’or dans le numéro d’hiver 2009 (vol. 8 no 2) de la revue Langues de feu.

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Nouveau numéro (vol. 8 no 2) : Marcher

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Mobiles pyrolinguistes,

Notre corps ne se déploie que dans le mouvement. L’activité physique régulière lui donne de la souplesse et de l’énergie, l’exercice soutenu active la circulation sanguine et le métabolisme, le rythme augmenté de la respiration l’emplit d’air pur nécessaire à la régénération des tissus et au fourmillement de la vie. Un corps sain qui bouge régulièrement offre ainsi une meilleure résistance au stress, permet un sommeil plus régénérateur, facilite le maintien du poids, éloigne les possibles maladies, etc.

Pour ma part, en ce qui concerne l’activité physique, j’opte souvent pour la marche. Mais quand je pars faire ma promenade, j’ai non seulement l’impression que je redonne vigueur à mon corps, mais aussi à mon esprit. La marche apporte de l’air et de la fraîcheur à mes pensées, elle les remue, tout en les apaisant. Soudain, après 30 ou 45 minutes de marche, la vie semble plus légère, les soucis se tassent, les idées fusent… et la route intérieure qui se dessine devant soi semble plus claire, moins embrumée.

Bref, quand nous marchons, le paysage se déroule et prend forme aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de nous. Un mouvement double se produit. Comme l’affirme Julia Cameron, une écrivaine parmi les plus grandes spécialistes de la créativité, « la marche est une forme de méditation ». Elle est respiration, espace de réflexion et de spiritualité, lieu de libération et de créativité. Elle dénoue les nœuds, déjoue les difficultés, déplace les regards et ouvre la voie.

Ce numéro de Langues de feu nous invite donc à nous imprégner du mouvement, au dehors comme en dedans de soi… Bonne promenade!

Ghislain B.

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Nouveau numéro (vol. 8 no 1) : Noël autrement

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Affables pyrolinguistes,

Nous voici dans la période de l’année où les nuits sont les plus longues. Où le temps peut être à la désespérance. Pourtant, il ne suffit que d’une humble lueur pour éclairer un visage dans l’obscurité. Pour que la promesse du jour revienne au creux de soi. Pour que les yeux brillent de nouveau.

Noël est ce passage vers une lueur qui doucement résiste. Vers plus de lumière. Vers des jours où la lumière reprend sa place, lentement. Désormais, le solstice d’hiver sera derrière et l’équinoxe du printemps devant.

Comme un ange qui porte la lueur de la bougie au bout de ses bras pour chasser les ombres, tendons nos doigts pour cueillir ces bouts de lumière qui pointent ça et là. Il en va de la vie. Soyons des messagers, à notre façon, de cette humble lumière qui fait reculer l’obscurité. Veillons à l’espoir. Secouons la torpeur. Notre monde en lambeaux a besoin de la flamme des bougies. De notre confiance en l’éclat des matins lumineux.

Dans ce numéro qui questionne Noël, vous trouverez une entrevue exclusive avec le « 4e roi mage » qui vous fera découvrir les côtés sombres, mais surtout lumineux de ce personnage mythique. Enfin, un appel retentit : la Terre nous parle et exige plus de lumière. Tous nos meilleurs vœux à nos lecteurs et lectrices. Joyeuses fêtes!

Ghislain B.

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Nouveau numéro (vol. 7 no 4) : Lente pluie

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Humbles pyrolinguistes,

J’ai toujours aimé la pluie. On dirait qu’elle sait me réconforter, me donner raison de préférer la lecture et le calme… Elle me renvoie à mon intériorité, à mon goût de créer. Petit, je passais ces journées de pluie à bricoler, à inventer des machines plus étranges les unes que les autres confectionnées à partir de boîtes de carton, à écrire des histoires, à rêver.

Cet été, nous avons entendu beaucoup de récriminations à propos du temps maussade qui s’est abattu sur nous. Il est vrai que l’été a été particulièrement humide et gris. Difficile alors de recharger nos batteries d’énergie calorifique et de lumière bienfaisante. Cependant, la terre, me suis-je dit, a peut-être besoin de repos devant le stress que nous lui faisons subir, devant les changements climatiques dont on ne doute plus qu’ils soient occasionnés par l’homme et sa vision de preneur invétéré. Elle s’est donné un temps pour refaire ses forces, pour se régénérer, un temps de jachère. Elle en aura peut-être besoin plus souvent…

Enfin, ce ne sont ici qu’élucubrations, peut-être. Toujours est-il que la pluie abondante de la dernière saison nous a permis de réfléchir, en tant qu’équipe de rédaction, d’abord aux bienfaits de la pluie et aux plaisirs qu’elle suscite (nous voulions, dans ce numéro de Langues de feu contrer quelque peu les propos négatifs que nous avons souvent envers la pluie), ensuite à la lenteur qu’elle induit, et enfin à ce terrain propice à la créativité que ces facteurs réunis engendrent.

Pluie + lenteur + plaisir = plus de créativité dans nos vies. Une formule efficace, croyons-nous, et que Christopher Richards ne serait pas loin d’avaliser aussi… Enfin, c’est ce que nous voulons penser. Alors, vive la pluie d’automne!

Ghislain B.

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Lente pluie

La pluie n’est pas une malédiction.

La pluie me berce. Elle est un baume de fraîcheur. Elle invite à rentrer chez soi, à se disposer au recueillement, à ralentir le rythme. Quand les nuages gris couvrent le ciel, ils viennent apaiser en douce mes fureurs, mes plaies vives, mes ardeurs souvent galvanisée de soleil tapageur. Ils annoncent un répit, marquent une pause, suggèrent une méditation tranquille…

À suivre… dans le prochain Langues de feu qui sortira très bientôt.

Ghislain B.

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Le droit à l’erreur

The freedom to fail is the essence of creativity (just as the prevention to failure is the essence of conservatism). The creative act must be uninhibited and marked by supreme confidence. There can be no fear of failure. Nothing inhibits so fiercely, or shrinks a vision so drastically, or pulls a dream to earth so swiftly as fear of failure.

Albert. J. Sullivan

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Nouveau numéro (Vol. 7 no 3) : Réserve d’étoiles

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Cosmiques pyrolinguistes,

Depuis que je suis tout petit, j’ai les yeux levés vers le ciel. Je m’intéresse aux étoiles, aux astres, aux galaxies, à cet espace infini… Je ne sais pourquoi, la vue du firmament, comme un aimant puissant, attire tout mon être vers ses mystères, suscite en moi des questions essentielles, attise une quête de sens profonde et continuelle. Tel est l’univers pour moi. Il est chargé d’émotions et de splendeurs, et j’éprouve révérence à son endroit. D’ailleurs, une de mes amies m’avait baptisé, un jour : « Fils de l’univers ». Ce vocable poétique me collait bien à la peau et j’ai adopté ce nom « mystique » depuis, si je puis dire.

Aussi, quand j’ai entendu parlé d’une réserve de ciel étoilé, au Québec, et de son objectif de protéger la nuit et l’obscurité essentielle à l’observation, de combattre la pollution lumineuse qui peu à peu éteint le ciel, mon être a frémi. J’étais interpellé à la fois par la nécessité scientifique de cette initiative de l’observatoire du mont Mégantic et qui plus est par la préservation de cet espace de mystère qu’est la nuit, porteuse de poésie et de beauté. J’ai soumis l’idée à mon collègue artiste et nous avons laissé libre cours à nos imaginations et à notre créativité. Vous serez à même d’en découvrir les fruits dans les pages de ce nouveau numéro de Langues de feu.

Mais protéger les étoiles, est-ce seulement éliminer la pollution lumineuse? Notre exploration nous a amenés tout autre part, aussi. Des étoiles parsèment nos espaces quotidiens. Seulement, il s’avère parfois nécessaire de nettoyer nos lunettes d’approche pour les saisir. Justement, à propos d’observation, que vos yeux se lèvent vers ce Jupiter brillant qui pare le ciel ces temps-ci, au sud. Enfin, d’ici aux Perséïdes, et jusque bien au-delà, je vous souhaite un été tout étoilé à chacun d’entre vous!

G. Bédard

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Pensée inspirée

Il faut habiter poétiquement la terre.

Hölderlin

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