Éphémères pyrolinguistes,
À la vie à la mort. Tel est le titre de l’exposition que j’ai eu la chance de visiter au Musée des religions du monde de Nicolet, cet été. Une première en Amérique du Nord qui a fait jaser… et qui a touché quantité de personnes. Le concept? Le photographe allemand Walter Schels a pris en photo, avec leur accord, une cinquantaine de personnes malades quelques semaines avant leur mort, puis juste après leur décès. Pas d’impudeur ni d’impudicité, pas de cercueil violé, mais juste un portrait agrandi de leur visage, en noir et blanc, avant et après le passage. Un visage ouvert, puis fermé. Avec âme et sans. Lumineux et éteint. Un texte senti de la journaliste Beate Lakotta, l’oreille auprès des malades, accompagne chaque dyptique, racontant brièvement le parcours de la personne et sa vision de la fin de la vie et de la mort. Difficile d’en ressortir intact. De rester indifférent à ce dévoilement de moments presque trop intimes. Ému, bousculé, je m’en suis extrait avec une envie de goûter d’autant plus à la vie…
On pourrait dire que, sans l’avoir prévu, ce numéro d’automne de Langues de feu s’inscrit dans la poursuite de cette exposition. Pour les Amérindiens, cette saison plus sombre, associée à la couleur noire, à la terre et à l’ouest, est aussi synonyme de détachement et de deuils. Elle symbolise bien sûr la dernière étape de la vie de l’être humain : la vieillesse, avec ce que ce processus signifie d’appels au lâcher-prise. Ces pertes et ces deuils, plus largement, émaillent aussi le quotidien : perte d’emploi, rupture amoureuse, déception, maladies, etc. Ils font partie des cycles de la vie. Et induisent à la guérison, au relèvement, à la résilience et à la résistance! À la vie, à la mort. Voilà ce à quoi nous avons voulu réfléchir avec vous au sein de ces pages.
Ghislain B.









