Le nécessaire désarmement intérieur

Vous ai-je déjà parlé de Jean Proulx? Probablement. La revue Langues de feu a repris quelques extraits de ses livres, à l’occasion. C’est un auteur que j’aime beaucoup lire, un philosophe dont la pensée m’inspire grandement. Il a écrit La chorégraphie divine, un livre qui me l’a fait découvrir et m’a profondément marqué, dans lequel il fait un rapprochement significatif entre les découvertes de la nouvelle science, la métaphysique et la mystique. Tout pour me plaire. Renversant! Depuis, il a écrit plusieurs autres livres dont Artisans de la beauté du monde, un livre important pour qui veut donner une direction et un sens à sa vie et contribuer ainsi, à sa mesure et dans le respect de son être, à améliorer le monde dans lequel nous évoluons et vivons.

Ses trois derniers livres, publiés aux Éditions Le Jour, sont tout aussi inspirants : Le Dieu cosmique et L’héritage spirituel amérindien, écrits tous deux avec Jean Languirand, et En quête de sens, paru tout dernièrement, où il présente en quelque sorte son testament philosophique. Un livre d’une densité saisissante, à la fois rigoureux et poétique, qui vous conduit sur les traces de ce Dieu cosmique à l’œuvre au sein de cet immense univers empreint de mystère et de beauté. D’ailleurs, quatre de mes mandalas illustrent les parties de ce livre, dont un est même repris sur la page couverture. Voir à ce propos l’article L’âme du monde de ce blogue. J’aurai l’occasion de vous parler plus amplement de ce dernier livre sous peu, que j’achève de lire.

Jean Proulx est un ami aussi. J’ai quelquefois l’occasion de discuter avec lui de lectures et d’autres sujets palpitants. Des échanges toujours nourrissants et stimulants. De même, nous ne manquons pas de nous faire part mutuellement de nos productions respectives… C’est pourquoi je me permets de vous faire part d’un de ses excellents articles paru dans le tout dernier numéro de la revue Vivre (volume 11 nº 3), actuellement en kiosque. Voici ce qu’en présente le chapeau de l’article : « Les grandes sagesses disent toutes qu’on ne peut changer le monde qu’en commençant par se changer soi-même. Or, ce changement de soi comporte toujours deux moments inséparables : une mort et une renaissance. » Pour en découvrir les propos, il ne vous reste qu’à lire Le nécessaire désarmement intérieur (en format pdf).

Bonne lecture!

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Dieu et la science

« A-t-on le droit  de penser ensemble Dieu et la science? De dépasser le conflit entre le croyant − pour qui Dieu n’est ni démontrable, ni calculable − et le savant − pour qui Dieu n’est même pas une hypothèse de travail? Tel est l’enjeu de ce livre qui s’autorise d’une évidence : la science pose des questions qui, jusqu’à une date récente, n’appartenaient qu’à la théologie ou à la métaphysique. D’où vient l’univers? Quels sont les rapports entre la conscience et la matière? Tout se passe comme si l’immatérialité même d’une transcendance devenait l’un des objets possibles de la physique. Comme si les mystères de la nature relevaient, également, d’un acte de foi. Jean Guitton, Igor et Grichka Bogdanov ont ainsi voulu transformer l’ancien conflit : celui de la place de l’homme dans l’univers. » (4e de couverture)

En 1927, tout a basculé. Cette année-là « est une des plus importantes dans l’histoire de la pensée contemporaine [...]. C’est l’année où Heisenberg expose son Principe d’Incertitude, où le chanoine Lemaître exprime sa théorie sur l’expansion de l’univers, où Einstein propose sa théorie du champ unitaire, où Teilhard de Chardin publie les premiers éléments de son œuvre. Et c’est l’année du congrès de Copenhague, qui marque la fondation officielle de la théorie quantique ». Pourtant, à l’heure actuelle, près d’un siècle plus tard, nous sommes encore à des lieues d’avoir intégré tous ces bouleversements, ce véritable changement de paradigme : nous sommes encore au Moyen Âge avec notre vision cartésienne, déterministe et matérialiste du monde et de la vie. Nous devons passer d’une vision mécaniste à la vision créative et probabiliste de la physique quantique. Et dans cette perspective révolutionnaire, la matérialité n’a jamais été aussi proche de la pensée… L’esprit et la matière ne sont qu’une seule et même réalité!

Ce petit livre de poche brosse le portrait des dernières découvertes de la science qui nous poussent, par leurs enjeux inimaginables, dans l’univers de la métaphysique, voire de la spiritualité. Impossible de ne pas se poser de questions sur les origines et la nature mystérieuse de notre monde! Les scientifiques actuels, autant et sinon plus que les philosophes, sont maintenant les premiers à soulever ces questions. Ce dialogue inédit entre Jean Guitton, penseur français de tradition chrétienne, et Igor et Grichka Bogdanov, docteurs en physique théorique et en mathématiques, nous en fait saisir la richesse et toute la teneur! Bien que ce livre ait été publié en 1991 – c’est dire ce qui pourrait en être aujourd’hui des plus récentes avancées! −, il présente une excellente synthèse de l’état de la recherche des dernières décennies en science fondamentale, de l’infiniment petit à l’infiniment grand.

Le livre Dieu et la science, à n’en pas douter, nous fait faire un plongeon inouï et passionnant dans un mystère insondable qui bouscule nos idées préconçues sur nous-mêmes et la réalité. À lire pour qui a le goût d’une aventure intellectuelle et créative des plus stimulantes!

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La marche vers l’éveil

Il y a quelque temps, un de mes précieux amis m’a fait parvenir le texte d’une prière importante pour lui, qu’il a apprise du Dalaï lama. Il faut dire que mon bon copain voyage régulièrement sur les terres asiatiques du Ladakh et du Tibet et qu’il fait parfois de ces rencontres exceptionnelles! Ce texte fut rédigé par Shantidéva, un philosophe indien qui vécut durant les VIIe et VIIIe siècles, et que le bouddhisme tibétain respecte beaucoup. Ce bon ami, qui pratique le bouddhisme avec ferveur depuis des lustres et que j’admire pour sa pratique spirituelle empreinte de bonté et bien ancrée sur la condition humaine, se voue chaque jour pendant plus d’une heure au silence et à la médiation. C’est une prière qu’il récite tous les jours, m’a-t-il affirmé. Comme il me sait sensible à la dimension spirituelle et aux pratiques méditatives, et que nous nous apprécions beaucoup, il s’est empressé de me faire parvenir ce texte magnifique dès qu’il a mis la main sur la traduction française. Je partage donc avec vous aujourd’hui ce texte qui me parle et me touche.

Il s’agit, en fait, d’un extrait du chapitre 10 du Bodhisattvacharyavatara, titre tibétain que l’on traduit souvent par La marche vers l’éveil, de Shantidéva (685 à 763). Qu’il vous fasse grand bien, comme il le fait pour moi encore chaque fois que je le relis….

Dans toutes les directions, puissent tous les êtres
En proie aux souffrances du corps et de l’esprit,
Obtenir un océan de joie et de bonheur
Par les mérites que j’ai créés.

Qu’aucune créature vivante ne souffre,
Ne commette le mal ni ne tombe malade.
Que personne ne vive dans la peur ou l’humiliation,
L’esprit accablé par la dépression.

Que les aveugles voient les formes,
Que les sourds entendent les sons.
Que ceux dont le corps est usé par le labeur
Trouvent le repos et recouvrent leurs forces.

Que ceux qui sont nus trouvent de quoi se vêtir
Et ceux qui ont faim de quoi se nourrir;
Que ceux qui ont soif trouvent
De l’eau et de délicieuses boissons.

Que les pauvres deviennent riches
Et que les êtres affaiblis par le chagrin retrouvent la joie;
Que les désespérés trouvent l’espoir,
Le bonheur durable et la prospérité.

Puisse la pluie tomber au moment opportun
Et les récoltes être abondantes;
Que tous les remèdes soient efficaces
Et que les prières bienveillantes portent leurs fruits.

Que tous ceux qui sont malades
Recouvrent rapidement la santé.
Que toutes les maladies de ce monde disparaissent à jamais.
Que les craintifs n’aient plus peur,
Que les opprimés se libèrent de leurs chaînes,
Que les faibles deviennent forts
Et que tous pensent à s’aider les uns les autres.

Tant que durera l’espace,
Tant qu’il y aura des êtres,
Puissé-je moi aussi demeurer
Pour éliminer la souffrance du monde.

À mon avis, si chacun osait faire sienne cette pensée quotidiennement, je suis sûr que le monde ne serait plus ce qu’il est aujourd’hui. Nous cheminerions dans un tout autre monde, rempli de compassion et d’humanité, de considération pour l’autre et d’harmonie. Qu’en dites-vous?

Puisse ce souhait devenir réalité un jour… Et que la paix soit avec vous!

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Une éveilleuse de conscience : Mary Oliver (1935-

« Dis-moi, qu’entends-tu faire de ton unique, sauvage et précieuse vie? » Ce seul vers de la poétesse américaine Mary Oliver m’interpelle au plus haut point! Il appelle au courage d’être et à l’originalité de sa voie.

Je n’ai pas lu beaucoup de poèmes de Mary Oliver, peu étant encore traduits en français. Mais les quelques poèmes que j’ai lus ont eu un grand impact sur moi. L’écriture de cette auteure de renom se distingue par la simplicité de ses propos et du style et par son observation pointue du monde naturel. Grande marcheuse, elle puise son inspiration au sein de ses longues promenades quotidiennes en forêt, traînant carnet de note et stylo pour noter ses impressions.

« Ses poésies sont riches d’images de son quotidien proche de sa maison de Provincetown : de primevères, de serpents d’eau, de phases lunaires et de baleines. Son œuvre, en fait, représente un des points les plus élevés de la poésie consacrée à la nature. Avec ses travaux, elle a ouvert de nouvelles voies pour la prise de conscience autour de la crise de l’environnement. » (Wikipédia)

Dans ses œuvres, cette « infatigable guide vers le monde naturel », voix unique et visionnaire, nous partage avec émotion son émerveillement pour notre mère la Terre et tous les autres êtres vivants, qu’elle honore de sa poésie. On la compare souvent à Henry David Thoreau et à Walt Whitman, deux grands auteurs naturalistes… et libres.

Mary Oliver vit en couple avec la photographe Molly Malone Cook depuis plus de 40 ans. Elle a remporté le prix Pullitzer de poésie en 1984 pour son recueil American Primitive. Parmi ses nombreuses œuvres, on compte Dream Work (1986), New and Selected Poems (1992) et Why I Wake Early (2004).

Voici un de ses magnifiques poèmes, dans lequel elle célèbre la vie :

Qui a fait le monde?
Qui a fait le cygne et l’ours noir?
Qui a fait la sauterelle?
Je veux dire cette sauterelle-ci −
celle qui a bondi hors de l’herbe,
celle qui mange du sucre au creux de ma main,
qui bouge ses mandibules de gauche à droite, plutôt que de haut en bas −
qui regarde autour d’elle avec ses énormes yeux compliqués.
La voilà qui lève ses pâles avant-bras et se nettoie soigneusement la tête.
La voilà qui déploie ses ailes, et s’envole au loin.
Je ne sais pas exactement ce qu’est une prière.
Mais je sais comment prêter attention, comment tomber
dans l’herbe, comment m’agenouiller dans l’herbe,
comment flâner et être comblée, comment errer à travers champs,
ce que j’ai fait tout au long de la journée.
Dis-moi, qu’aurais-je dû faire d’autre?
Tout ne finit-il pas par mourir, trop rapidement?
Dis-moi, qu’entends-tu faire
de ton unique, sauvage et précieuse vie?

Mary Oliver, La journée d’été
dans Jon Kabat-Zinn,
L’éveil des sens. Vivre l’instant présent grâce à la pleine conscience, Les Arènes/Pocket Évolution, 2009, p. 165.

Pour en savoir plus : http://www.poetryfoundation.org/bio/mary-oliver

À noter que quelques poèmes de Mary Oliver ont été publiés dans le numéro du printemps 2004 (vol. 3 no 3) de la revue Langues de feu.

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Des clés pour comprendre le monde

Il y a plus d’un an, un ami m’a fait découvrir un magazine superbe qui se situe tout à fait dans les mêmes eaux que Langues de feu, pourrait-on dire. Une publication parente par ses préoccupations et ses propos. Il n’y a qu’à lire son slogan révélateur : Retrouver du sens. Et les mots clés qui apparaissent sur l’en-tête de la une − cultures, philo, sagesses, écologie, santé, humour, styles, sciences − pour s’en convaincre.

Je me plais à dire, à la blague, à cet ami tout à fait compatissant à mon égard que, si la revue Langues de feu avait eu le même budget et les mêmes ressources, elle aurait probablement ressemblé à cela. Mais cette affirmation demeure bien hypothétique… et bardée de rêves assez ambitieux (il faut bien rêver parfois!) Toujours est-il que la lecture des articles, tous plus pertinents les uns que les autres, de ce magazine d’origine française (vous comprenez les moyens dont elle dispose) me ravit au plus haut point. Aussi, tous les deux mois, je me précipite chez le vendeur de journaux le plus près de chez moi…

Je ne vous fais plus languir… Voici le magazine CLÉS. Il portait jadis le nom de Nouvelles clés. Car celui-ci s’est refait, il y a quelques mois, une jeunesse. Son graphisme maintenant des plus séduisants, jeunes et modernes contribue à mettre en valeur des articles dont le contenu renouvelé et audacieux n’hésite pas à traiter des questions de sens soulevées par les enjeux contemporains : gestion du stress, redéfinition de l’image de Dieu, culte de la beauté, recherche de simplicité, culture Internet, justice planétaire, éthique, place des femmes, importance de l’art, etc. À faire appel à des auteurs contemporains réputés à l’affût des nouvelles voies d’avenir : Jean-Louis Servan-Schreiber (rédacteur en chef), Jean-Marie Pelt, Tzvetan Todorov, Roger-Pol Droit, Christian Bobin, etc. et plusieurs autres défricheurs. À mettre de l’avant une vision ouverte, pluraliste, multidisciplinaire, et éminemment postmoderne… Bref, j’adore!

Jugez-en par le titre des dossiers des deux derniers numéros : Pourquoi la frugalité nous tente? − il est question ici de retour à la simplicité − et Vivons-nous une nouvelle Renaissance? Dans le dossier de ce dernier numéro, justement, un parallèle des plus intéressants est dressé entre cette époque de chambardements sociaux profonds qu’étaient les XVe et XVIe siècles et ce début de XXIe siècle qui nous questionne tous et toutes par ses bouleversements nombreux, à la fois porteurs d’espoir et de tragédie. Les auteurs identifient six constats principaux qui caractérisent notre temps :

  1. Les nouvelles technologies de communication télescopent l’espace-temps et modifient les bases de la civilisation;
  2. L’irrésistible ascension des pays émergents bouleverse l’équilibre géopolitique d’un monde devenu hypercomplexe;
  3. La mondialisation ne s’arrête pas, mais plus économique que politique, elle souffre d’un déficit de gouvernance;
  4. Nous savons désormais notre monde fini : la prise de conscience de nos limites écologiques devient un facteur décisif;
  5. Les certitudes idéologiques et religieuses s’évanouissent, le doute se généralise. L’humanité deviendrait-elle adulte?;
  6. Une nouvelle éthique émerge, doublant la liberté individuelle d’un sens altruiste de la responsabilité.

Chose certaine, affirme-t-on, « le salut ne peut venir que de l’instauration d’une véritable solidarité de notre espèce ». C’est ce en quoi je crois profondément!

Pour en savoir davantage et satisfaire votre curiosité, je vous invite donc à prendre connaissance de ce magnifique magazine. Vous y découvrirez plusieurs autres articles d’intérêt! Et plusieurs clés pertinentes pour comprendre notre époque et nourrir notre regard d’espoir. Il est en vente dans tout bon kiosque. Notez que le prochain numéro (72) sera disponible au Québec dès la mi-août. Dossier à venir : Avons-nous encore une vie privée?

L’esprit de Langues de feu continue donc de se répandre, libre de mouvement, pour le bien-être de l’humanité et de la planète!

www.cles.com

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Arbres en ville

Martin Ferron est un grand artiste et musicien : sensible, humain et visionnaire. Un homme qui s’engage activement aussi, par son art, à transformer le monde, à sa mesure. La protection de la nature, la justice sociale, l’avenir de l’humanité le préoccupent sans cesse. Un jour, nos routes se sont croisées. J’étais à Montréal alors. Lui aussi. Nous nous sommes reconnus dans nos élans. Puis, quelques révolutions autour du Soleil plus tard, toujours unis dans nos visions de l’art et du monde, nos pas ont pris des chemins différents, tout simplement, comme la vie nous y amène parfois. Martin a poursuivi son rêve de musicien avec plusieurs projets de spectacles. Moi, celui d’artiste en arts visuels et d’auteur…

De fil en aiguille, il en est venu à s’établir, avec sa petite famille, en France, à Lyon, pour quelques années afin de poursuivre plusieurs projets artistiques. Il arrive actuellement d’une tournée en Suisse où son dernier spectacle a roulé à plein. « Ce fut de beaux moments avec le public et toute l’équipe autour de mon nouveau spectacle TERRE DE L’AUBE (Wobanakik) », m’écrit-il. J’en suis tellement ravi! Vivement que son spectacle tourne aussi au Québec! Je vous en ferai part quand ce sera bientôt le cas…

À la suite de la lecture du dernier numéro de Langues de feu intitulé Les arbres crient, et tout amoureux des arbres qu’il est lui aussi, il m’a fait parvenir, en toute générosité, le texte d’une chanson extraite de son nouveau spectacle et que l’on retrouve sur le CD. Un véritable cadeau. Une synchronicité des âmes entre lui et moi…

Cette chanson s’intitule Arbres en ville. Je vous invite à la découvrir. Et à en savourer la qualité musicale. Merci encore, Martin!

Ghislain B.

Arbres en ville
Paroles et musique : Martin Ferron

Écouter la chanson sur Myspace

Nous avons tenu bon aux glaces
L’écorce a refermé les coups de haches
Tenir malgré le manque d’espace
Pour que nos pollens fécondent de grâces

Debout, nous avons survécu aux temps violents
En fleurs malgré l’indifférence des gens

Refrain
Être malgré tout comme des arbres en ville
Des feuilles qui traversent l’hiver
en chantant au vent, sous la neige
Oui nous envahirons toute l’île
Bientôt le temps où sautent les lièges
Les bourgeons d’une nouvelle ère

Que profondes soient nos racines
Assumons sans jamais plier l’échine
Oxygénons les vies sans frais
Bientôt nous serons des fruits, une forêt

Debout, nous avons survécu aux toxémies
En fleurs malgré l’indifférence ennemie

Refrain
Être malgré tout comme des arbres en ville
Des feuilles qui traversent l’hiver
en chantant au vent, sous la neige
Oui nous envahirons toute l’île
Bientôt le temps où sautent les lièges
Les bourgeons d’une nouvelle ère

Ormes fragiles
Hommes d’argile
Nous vaincrons les fossiles

Nous essaimerons bientôt partout… partout
Notre cité aura une forêt à sa proue…
Voyez les branches pleines d’enfants qui jouent
Pendant qu’à l’ombre rêvent les grands et les fous
Pendant que pleuvent des milliards de feuilles sur nous

Refrain


Visiter son site Web.

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L’avenir de Langues de feu : un nouvel élan de liberté

Fidèles pyrolinguistes,

J’espère que vous profitez bien de l’été. Pour ma part, j’en profite pour refaire le plein. Le printemps dernier a aussi été l’occasion pour moi de réfléchir, pendant que je procédais au développement du nouveau site Web, à l’avenir de Langues de feu, qui aura bientôt 10 ans…

Vous avez sûrement pris connaissance du récent numéro intitulé Les arbres crient et de ce nouveau site Web. Après mûres réflexions, je vous fais part d’une décision importante : la cessation de la publication de la revue. Vous avez donc lu le dernier numéro officiel de la revue (en format pdf), qui termine en beauté, je crois, la série de 44 numéros parus depuis 2002! La création, la réalisation et la conception graphique de la revue, même si j’étais aidé d’une superbe équipe, prenaient trop de mon temps et de mes énergies. Plusieurs dizaines d’heures étaient nécessaires pour assurer la réalisation de chaque numéro. Des heures que, comme artiste, je désire consacrer davantage, désormais, à mes propres projets artistiques.

N’ayez crainte, Langues de feu n’est pas mort pour autant! Guidé par les conseils de Simon, mon frère stratège Web, qui a aussi été des premières heures du projet en 2002, je propose une métamorphose : la revue prendra une tangente plus interactive, plus Web 2.0, plus « logiciels libres », en devenant désormais un blogue. Ce sera pour moi le moyen d’entretenir la flamme d’une façon plus dynamique, mais qui ne demandera plus autant de temps. Je nourrirai ce blogue en écrivant des billets de temps à autre, au gré des inspirations, des élans et des découvertes…

Ce blogue sera plus que jamais ancré dans la spiritualité de la création, dans la verdeur de l’écologie, dans le souffle de l’art as meditation, dans la beauté du cosmos, dans l’esprit des nouvelles sciences physiques, dans la sagesse de la philosophie, etc. Langues de feu demeurera toujours ce qu’il a été au départ : un lieu d’expression unique et original d’une vision globale de l’art et de la vie, porteuse de sens, qui se situe à la prolifique et créative convergence de divers domaines : l’écologie, la science, la philosophie, l’art et la spiritualité.

Il n’y aura donc plus d’abonnés à la revue, mais des gens curieux, comme vous, de découvrir régulièrement ou à leur rythme ce qui se trouvera sur ce site Web en constante évolution. Ce moyen plus moderne et convivial permettra une meilleure diffusion encore de l’esprit de Langues de feu. Il favorisera davantage l’interaction et fera place à vos commentaires, à votre guise.

Nous vous invitons donc à consulter de temps à autre notre nouveau blogue pour rester à l’affût des billets publiés au fil des jours, à y laisser vos commentaires et à le faire connaître à vos connaissances et amis. L’adresse demeure la même.

En plus, le blogue vous permet d’avoir accès facilement aux archives : vous pourrez ainsi consulter tous les numéros de la revue depuis le début, relire tous les articles parus sur l’ancien site Web et les éditoriaux présentant chaque numéro (voir catégorie Numéros parus en marge) et même visualiser le contenu détaillé de chacun en un clin d’œil (page La revue). Bref, n’hésitez pas à fouiller le site en profondeur. Vous y ferez, ou y referez, de belles découvertes…

L’équipe qui m’a appuyé dans la réalisation des derniers numéros − je pense en particulier à Édouard et à Maryse − m’a aussi offert son soutien pour procéder à ce changement. Je les remercie grandement de leur générosité et de leur compréhension. Je remercie aussi Simon pour ses conseils avisés et Michel, mon autre frère, pour l’aide qu’il m’a apportée, ce printemps, pour la mise en forme du blogue.

Alors, ensemble, souhaitons longue vie au blogue de Langues de feu!

Ghislain B.

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Pas de deux

En cette Année internationale des forêts, je vous invite à admirer cette photo d’arbres magnifiques prise par une artiste talentueuse au regard vif et sensible : mon amie Lucie. Et laissez-vous mener par la danse de ces grands sages…

Pas de deux
Lucie Brousseau
Photographie, 2009

« Ils s’enlacent et dansent la terre. Ils s’ancrent aux confidences amoureuses
et se soutiennent au gré des vents. Dans l’abandon le plus total,
ils échangent les caresses prometteuses qui font frémir l’âme et le corps.
Ils s’inclinent devant la vie, devant la mort. »

Lucie Brousseau, cueilleuse d’images


Cette œuvre photographique a été publiée
dans la revue Langues de feu, numéro 44, p. 4

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Numéro 44 : Les arbres crient

Télécharger le numéro.

Écologistes pyrolinguistes,

J’ai dessiné des arbres dans plusieurs des mandalas que j’ai créés. En observant l’un d’entre eux, une amie m’a dit, un jour : « Les arbres que l’on dessine nous représentent très souvent intérieurement. » L’arbre était majestueux, assez équilibré, la frondaison étant aussi large que son réseau de racines. J’ai pris son commentaire comme un compliment…

Pour ajouter à ces propos, je dirais même que les arbres sont très proches de ce que nous sommes. Selon une légende issue de la nuit des temps, ils ont jadis été des humains… « Là où les hommes sont debout, les arbres le sont aussi », aimé-je à répéter parfois, pour rappeler les liens étroits que nous lient à la nature. Peut-être est-ce là une façon de dire qu’exploiter les ressources naturelles à outrance, sans vision, n’est pas digne d’une humanité qui se respecte et se tient droite. Avec un peu plus de pessimisme, Ursula K. Le Guin, une auteure de renom, affirme même : « Où passe l’homme, l’arbre meurt. » Aurait-elle raison?

Chose certaine, nos forêts sont davantage que des bassins de ressources qui sont là pour notre seul profit! Les arbres crient, et ce numéro de Langues de feu a voulu leur tendre l’oreille. Sans eux, qui serions-nous? Ils renouvellent l’air que nous respirons, protègent nos terres de l’érosion, maintiennent l’équilibre des écosystèmes, abritent des milliers d’animaux, contiennent nos rivières, veillent sur tous les vivants. Ils sont des ponts tendus entre ciel et terre, les pieds ancrés au sol et les bras tendus vers l’immensité. Ils nous inspirent, nous élèvent. « Vivre seul et libre comme un arbre et fraternellement comme une forêt », dira Nazim Hikmet, un poète turc. En cette Année internationale des forêts, agissons!

Ghislain B.

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L’âme du monde

L’âme du monde, oui c’est bien ça, l’âme du monde

Je suis tout à la joie, tout entier à l’élan de bonheur pur qui monte. Car voici le tout dernier mandala que je viens de créer! Tout chaud encore. J’espère qu’il saura vous plaire.

Son titre s’est imposé dans les derniers instants du processus de création et il rend compte tout à fait de ce qui en a nourri l’inspiration et le travail. Il y a un peu de Platon, de Sheldrake, de Schelling, de Jean Proulx là-dessous…

L’âme du monde, qu’est-ce que cela évoque en vous?

L’âme du monde
Encre de Chine sur papier, 2011
14 po x 14 po (35,5 cm x 35,5 cm)
© Ghislain Bédard, 2011

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L’arbre de vie

L’arbre de vie
Ghislain Bédard
Encre de Chine sur papier, 2010
35,5 cm x 35,5 cm (14 po x 14 po)

Ce mandala a été publié dans la revue Langues de feu, volume 9 no 4, p. 4

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Nouveau numéro (vol. 9 no 4) : Automne noir

Télécharger le numéro.

Éphémères pyrolinguistes,

À la vie à la mort. Tel est le titre de l’exposition que j’ai eu la chance de visiter au Musée des religions du monde de Nicolet, cet été. Une première en Amérique du Nord qui a fait jaser… et qui a touché quantité de personnes. Le concept? Le photographe allemand Walter Schels a pris en photo, avec leur accord, une cinquantaine de personnes malades quelques semaines avant leur mort, puis juste après leur décès. Pas d’impudeur ni d’impudicité, pas de cercueil violé, mais juste un portrait agrandi de leur visage, en noir et blanc, avant et après le passage. Un visage ouvert, puis fermé. Avec âme et sans. Lumineux et éteint. Un texte senti de la journaliste Beate Lakotta, l’oreille auprès des malades, accompagne chaque dyptique, racontant brièvement le parcours de la personne et sa vision de la fin de la vie et de la mort. Difficile d’en ressortir intact. De rester indifférent à ce dévoilement de moments presque trop intimes. Ému, bousculé, je m’en suis extrait avec une envie de goûter d’autant plus à la vie…

On pourrait dire que, sans l’avoir prévu, ce numéro d’automne de Langues de feu s’inscrit dans la poursuite de cette exposition. Pour les Amérindiens, cette saison plus sombre, associée à la couleur noire, à la terre et à l’ouest, est aussi synonyme de détachement et de deuils. Elle symbolise bien sûr la dernière étape de la vie de l’être humain : la vieillesse, avec ce que ce processus signifie d’appels au lâcher-prise. Ces pertes et ces deuils, plus largement, émaillent aussi le quotidien : perte d’emploi, rupture amoureuse, déception, maladies, etc. Ils font partie des cycles de la vie. Et induisent à la guérison, au relèvement, à la résilience et à la résistance! À la vie, à la mort. Voilà ce à quoi nous avons voulu réfléchir avec vous au sein de ces pages.

Ghislain B.

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